La pandémie mondiale de covid-19 a accéléré le développement du e-commerce. Certains acteurs (commerçants, TPE, PME…) qui vendaient encore de manière traditionnelle ont dû effectuer un basculement rapide vers le e-commerce pour réduire au maximum les pertes liées à la fermeture des magasins. Le e-commerce est devenu leur “bouée de sauvetage”. Cependant, dans la précipitation, il n’y a eu ni plan ni stratégie mis en place avant de se lancer.

 

Introduction

Pourquoi faire de l’E-commerce à l’international ?

Vendre à l’étranger grâce à l’e-commerce est nettement plus facile que de déployer un réseau de distributeurs physiques. De plus, un e-commerçant français, même sans faire de démarches proactives à l’export, recevra spontanément des demandes d’achat provenant de l’étranger, en premier lieu de pays où se situent de nombreux francophones, comme la Belgique et la Suisse. Dès lors, il apparait judicieux d’anticiper ces demandes en se préparant à accueillir des consommateurs étrangers.

 

Où vendre en ligne à l’international ?

Pour un e-shop français, il est intéressant d’exporter ses produits vers des pays européens proches géographiquement tels que la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne. Il est également judicieux de s’exporter vers le Royaume-Uni et les États-Unis (les paniers moyens de ces pays sont bien au-dessus des paniers moyens des pays européens).

 

Maintenant que savez pourquoi vendre en ligne à l’étranger et dans quel(s) pays développer votre activité e-commerce à l’international, il est impératifs que vous découvriez les principaux défis qui vont se présenter à vous.

En effet, plusieurs défis sont à relever pour un e-commerçant désireux d’exporter son webshop à l’international.

 

Défi N°1 : Adapter la communication

Lors de l’ouverture d’un e-commerce vers l’international, il faut absolument faire attention aux particularités linguistiques et culturelles du pays de destination. Plusieurs points sont à prendre en compte :

  • Traduire le site à la langue nationale du pays visé
  • S’adapter aux cultures et traditions
  • Penser à l’utilisation des termes qui peuvent varier d’un pays à un autre (par exemple, en Belgique, pour désigner une endive, c’est le mot chicon qui est utilisé – mot non utilisé en France)
  • Modifier les arguments présents dans les fiches produits pour qu’il s’adapte au public visé
  • Penser aux méthodes marketing qui sont différentes suivant les pays
  • Bien vérifier la signification des couleurs (par exemple la couleur verte peut être signe de jeunesse et de chance pour certains pays alors que pour d’autres c’est signe de maladie et de mort)

Défi N°2 : Adapter l’organisation

Les modes de paiement

Les modes de paiement ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. Par exemple, aux Pays-Bas, la méthode IDEAL est le principal moyen de paiement, alors qu’en Allemagne, le paiement par prélèvement bancaire SEPA est très apprécié.

Vendre à l’international augmente également le risque de fraude au paiement en ligne : environ une tentative de fraude sur trente transactions internationales, ce qui peut avoir un impact sur la rentabilité si l’e-commerçant n’est pas suffisamment vigilant pour déjouer le maximum de ces tentatives.

 

Habitudes de livraison et logistique

Il faut aussi faire attention aux habitudes de livraison, qui ne sont pas les mêmes suivant les pays. Le plus important est de se renseigner et comprendre les habitudes des consommateurs étrangers, préfèrent-ils un retrait en point relais, la livraison à domicile ou la livraison sur leur lieu de travail ?

Enfin, il est obligatoire de soigner sa logistique pour desservir au mieux le marché européen. Plusieurs approches sont possibles :

  • Soit une approche mono-site, c’est-à-dire un point unique de stockage avec donc des délais de livraison plus longs à l’étranger
  • Soit une approche multi-site avec des délais de livraison plus courts et une expédition unitaire moins coûteuse, mais des frais fixes plus élevés et plus de trésorerie immobilisée en stocks
  • Ou une approche de type “dropshipping” où l’envoi est géré directement par le fabricant

En parallèle du choix logistique, est-il judicieux de favoriser une gestion en interne de la logistique ou de faire appel à un sous-traitant ? Autant de questions à prendre en considération pour bien commencer à vendre en ligne à l’étranger.

Défi N°3 : S’adapter à la règlementation et à la fiscalité internationale

Il est important de s’intéresser également aux règlementations et aux fiscalités en vigueur dans les pays visés par la stratégie d’expansion.

En effet, même s’il n’y a plus de frontière physique entre les États Membres de l’Union Européenne, certaines lois restent nationales et sont différentes d’un État à un autre. L’Union Européenne, depuis plusieurs années, souhaite lisser les différences fiscales entre les pays, en mettant en place :

  • Une harmonisation européenne des législations de protection du consommateur lors des ventes à distance (depuis juin 2014)
  • Une harmonisation européenne de la règlementation en matière de protection des données personnelles (RGPD)
  • Des limites nationales persistantes
  • Des importateurs ou même des fabricants fixent encore des règles contractuelles suivant la zone géographique
  • Une différence persiste, suivant les pays, dans l’accès à certaines professions (libérales, pro…), dans l’homologation de certains produits (ex : parapharmacie) ou encore dans l’étiquetage des produits (différent d’un pays à un autre)
  • Les taxations sont différentes suivant les pays (exemple : emballage, ecotaxes…)
  • Les accises, et le taux de TVA, ne sont pas identiques dans les 27 pays de l’UE puisque les pays sont libres de fixer les taux

Des changements à partir du 1e juillet 2021

Initialement, l’application du nouveau régime de TVA dit “paquet e-commerce” était prévu pour le 1e janvier 2021, mais en raison du contexte sanitaire actuel, il a été reporté au 1e juillet 2021. Les changements sont les suivants :

 

Usage du guichet TVA – OSS (One-Stop-Shop)

Un changement va s’effectuer au 01 juillet 2021 concernant le guichet TVA. Auparavant appelé MOSS (Mini-One-Stop-Shop), il va devenir le OSS (One-Stop-Shop) avec l’ajout de certaines activités e-commerce :

  • Les ventes à distance de biens au sein de l’UE lorsqu’elles dépassent le seuil de chiffre d’affaires de 10 000€
  • La vente à distance de biens importés de pays hors UE, dans la limite de 150€
  • Certaines livraisons provenant des marketplaces, des plateformes électroniques…

L’objectif principal de la centralisation de la TVA au mini-guichet est de centraliser l’immatriculation fiscale au sein d’une plateforme unique. Cela permet de faciliter la gestion et les déclarations de TVA pour les entreprises disposant d’activité e-commerce au sein de plusieurs pays.

 

Seuils et exonérations de TVA

Les nouvelles règlementations prévoient également une baisse du seuil de chiffre d’affaires annuel à 10 000€ pour le total des ventes à distance dans les autres Etats Membres. A l’heure actuelle, ce seuil est fixé à 35 000 ou 100 000€ suivant l’État.

Les nouveaux seuils :

  • En dessous de 10 000€, les e-commerçants ne seront pas obligés d’utiliser le guichet OSS (One-Stop-Shop), et ils appliqueront les règles de TVA et de facturation de leur pays d’établissement (TVA de 21% pour une entreprise belge par exemple).
  • Pour les entreprises réalisant plus de 10 000€ de chiffre d’affaires en vente à distance, elles seront obligées d’appliquer la TVA du pays de destination / de leurs clients. (Par exemple, une entreprise belge réalisant plus de 10 000€ de CA vendant à un client français, devra appliquer une TVA de 20%).

Autre modification importante : les importations de produits d’une valeur inférieure à 22€ qui étaient jusqu’ici exonérés de TVA, ne le seront plus, ainsi les vendeurs devront appliquer et collecter la TVA.

 

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